Ce dimanche 25 septembre 2011, les grands électeurs vont élire les nouveaux sénateurs dans 44 départements (circonscriptions) et collectivités d'outre-mer, ainsi que 12 sénateurs des français établis hors de France, en tout 170 sénateurs doivent être élus.
Cette élection se déroulera selon eux modes de scrutin:
- Dans 26 circonscriptions qui élisent moins de 4 sénateurs, 58 sénateurs seront élus au scrutin majoritaire à deux tours.
- Dans 18 circonscriptions qui élisent 4 sénateurs et plus, ainsi que pour les représentants des Français qui résidents hors de France, 112 sénateurs seront élus à la représentation proportionnelle par liste.
En Val-de-Marne, La gauche présente une liste unie et renouvelée, les sénateurs, Lagauche, Terrade et Voguet ayant choisis de ne pas se représenter.
Les candidats sont donc:
- Luc Carvounas, PS, conseillé général et maire adjoint d’Alfortville, 1er fédéral.
- Laurence Cohen, PCF, élue régionale, 1ére fédérale
- Christian Favier, PCF, président du conseil général
- Esther Ben Bassa, EELV, directrice d’étude à l’Ecole des hautes études en sciences sociales
- Laurent Dutheil maire adjoint (PS) de Villeneuve Saint Georges
- Monique Tirode, maire adjointe (PRG) de Villeneuve Saint Georges
- Jean-Marc Nicolle, maire adjoint (MRC) du Kremlin Bicêtre
- Christine Janodet, maire Gauche Citoyenne d’Orly et conseillère générale.
Face à cette liste unique de la gauche, cinq autres listes se présentent (FN, UMP, NC, Modem, Cap21).
L'enjeux de cette élection en Val-de-Marne, c'est au minimum 4 élus de gauche (+1).
La composition actuelle des sénateurs du Val-de-Marne étant de deux UMP, 1 Modem, un PS, deux PC.
Au niveau national, le sénat devrait passer à gauche, mais il n'y a aucune certitude, tant ce parlement est verrouillé par la composition de son électorat.
Voir l'article de Médiapart ci-dessous.
Par Denys Pouillard
Directeur de l’Observatoire de la vie politique et parlementaire
Retenez
bien ce chiffre : 457 des 835 communes de plus de 3 500 habitants des
départements concernés par le renouvellement sénatorial de dimanche
dernier étaient détenues par la gauche (60% des communes de plus de
50 000 habitants ; 109 communes de10 000 à 50 000 habitants sur 194 et
54% des communes de 3 500 à 10 000 habitants). Qui dit mieux?
D’autant que les chiffres sont ceux de
la ministre de l’intérieur, donnés cinq jours exactement avant le
scrutin du 21 septembre dans une longue réponse ministérielle au député
socialiste Jean-Marc Ayrault (JO Q. AN du 16 septembre 2008 p. 8037 à
8040). Quant aux délégués sénatoriaux des très petites
villes, leur participation à l’intercommunalité presque partout en
France leur a fait découvrir un autre visage de la défense des intérês
locaux. Ainsi la gauche dépasse-t-elle aujourd’hui les 150 sièges… à une
vingtaine de sièges de la majorité absolue.
En
revanche, le renouvellement de 2011 engrangera les résultats des
élections municipales de mars dernier et la caisse enregistreuse du PS, à
elle toute seule, peut afficher, d’ores et déjà, un bonus de dix-huit à
vingt sièges, alors que la majorité absolue sera de 174…et que PCF et
PRG peuvent, comme en 2008, « grignoter » deux à six sièges ! Le compte
est bon mais fragile. Il ne faut donc plus théoriser sur le renvoi d’une
alternance, au Sénat, après les présidentielles de 2012 mais bien
avant.
Pire,
si tel était le cas, quelle que soit la faible avance de la gauche,
nous serions, dans un système de cohabitation inédite où l’opposition
sénatoriale se substituerait à l’opposition de l’Assemblée et faute
d’adversaire institutionnel (ne pouvant censurer le gouvernement), le
Sénat affronterait alors le président de la République, d’autant plus
facilement que le président du Sénat devient le second personnage de
l’Etat et potentiellement un président par intérim.
Changement
de décor, aux conséquences importantes où l’on s’apercevra, en peu de
jours, que la réforme constitutionnelle de juillet dernier paralyse plus
que dynamise le rôle du Parlement et peut même conduire à la crise en
opposant non plus le président à l’assemblée, comme dans les
cohabitations classiques (où le rôle du Sénat devient marginal) mais en
stérilisant le Parlement, en interne, par l’opposition de ses
assemblées, ne laissant au champ de la gouvernance qu’un face à face
entre l’occupant de l’Elysée et celui du Palais du Luxembourg.
Dans
un tel contexte, le débat sur la présidence du Sénat présente un tout
nouveau visage ; le profil du candidat ne doit plus correspondre à une
durée moyenne de six ans mais bien à une présidence temporaire, presque
une présidence par intérim de trois ans...
Ou
bien le candidat de la droite parlementaire veut demeurer dans
l’orthodoxie de la majorité actuelle sans tenir compte de la nouvelle
donne - celle des légitimités électorales des territoires - et nous
allons vers un affrontement législatif entre conservateurs, dépositaires
d’un dogme et l’opposition républicaine ; affrontement auquel, les
centristes - les plus exposés pour le renouvellement de 2011 et échaudés
déjà par les résultats en Ille-et-Vilaine, dimanche - ne porteraient
qu’un regard lointain et peu coopératif.
Ou
bien le candidat de l’UMP prend toute la mesure d’un Sénat qui prépare
sa mutation et accompagne le changement à venir dans un profond
renouvellement des structures tant administratives que législatives et
où la finalité des commissions poursuit la destinée d’un Sénat
réformateur dans le champ social, libérateur sur le plan des idées,
censeur des atteintes aux libertés individuelles, protecteur d’un statut
de l’opposition et du droit à penser autrement.
Tel est l’enjeu du 1er
octobre ; la défaite de l’UMP dimanche au Sénat n’est pas la défaite
d’une majorité parlementaire ; elle est la défaite programmée d’un
système qui veut faire cohabiter des représentants politiques de
structures administratives avec des intérêts économiques désordonnés,
dispersés et géographiquement incompatibles. Ou bien le Sénat ne
s’occupe que des carrières au sein des territoires et il s’éloigne des
gens ; ou bien il s’investit dans le pilotage des développements locaux
et il se rapproche des collectivités.