mardi 3 novembre 2009

Reconquérir les symboles de la Nation





















La nation est un héritage de la révolution Française, face à la noblesse et la monarchie, le ciment du tiers état, c'était la nation.

Les premiers socialistes n'avait pas peur de brandir le drapeau tricolore, il côtoyait le drapeau rouge.

Le problème c'est quand les symboles de la nation sont récupéré par la droite et l'extrême droite dans un but guerrier ou d'exclusion.

C'est pour cette raison que la gauche ne doit pas avoir peur de s'emparer du débat et ainsi donner de la voix à la France de la solidarité, de l'égalité et de la fraternité.

Interview de Ségolène Royal dans Le Parisien: "Il faut reconquérir les symboles de la nation".
  • Vous ne vous êtes pas réjouie du renvoi de Jacques Chirac devant le tribunal correctionnel...

Ségolène Royal : Il est dommage que la justice n'ait pas eu les moyens d'être rendue plus tôt. L'exemplarité doit être la première valeur d'un dirigeant politique. Mais le temps a passé et, pour ne pas altérer l'image de la France ni celle de la fonction présidentielle, je pense que la tranquillité doit être accordée à Jacques Chirac.

  • Vous avez dit être favorable au débat sur l'Identité nationale lancé par Eric Besson. Etes-vous prête à y participer ?

C'est un débat dont j'ai repris l'initiative en 2006, comme le prouvent les textes de mes discours qu'on peut lire sur le site Désirs d'Avenir. Je n'ai donc pas attendu aujourd'hui pour donner ma vision de cette question centrale.

  • Pendant la présidentielle de 2007, vous aviez parlé du drapeau tricolore, chanté la Marseillaise dans les meetings. Pour vous l'Identité nationale passe par ces symboles forts?

Il y a beaucoup de choses dans la Nation : l'histoire, les valeurs, les symboles mais aussi l'avenir. L'identité nationale ne se forge pas uniquement dans la fascination du passé. Je n'ai pas cette approche très conservatrice. Mais je crois que l'identité nationale française se réfère essentiellement à la Révolution Française, c'est-à-dire la lutte contre les privilèges, la question des libertés, des solidarités, de la fraternité. Ce débat, je ne le crains pas. Car il peut mettre en valeur les vrais clivages entre l'instrumentalisation d'une identité nationale définie de manière restrictive, qui se confondrait avec une forme de nationalisme, et une identité nationale qui, elle, est bien ancrée sur les valeurs républicaines : liberté, égalité, fraternité.

  • C'est une mise en cause de la politique de Nicolas Sarkozy ?

Bien sûr. Quand une politique creuse les inégalités, cela porte atteinte au ciment de la nation. Ce qui met en cause l'identité nationale, c'est cette politique et sa succession de scandales qui dégradent l'image de la France à l'étranger. Ce sont les conséquences d'une politique au service des privilèges, du népotisme, de politiques fiscales injustes... Garantir l'égalité réelle, voilà le premier fondement de l'identité nationale.

  • Etes-vous d'accord pour sanctionner les atteintes au drapeau tricolore, à la Marseillaise ?

Il faut reconquérir les symboles de la Nation. C'est pourquoi j'ai souhaité faire chanter la Marseillaise dans mes meetings, revendiquer le drapeau tricolore qui appartient à tous, pas seulement à la droite. Les socialistes étaient gênés par cela, c'est un comble ! Alors que la Nation est à l'origine un concept de gauche. Mais je le répète, il est aussi grave et même plus grave de porter atteinte à l'égalité entre les Français que de porter atteinte au drapeau ou à l'hymne national, parfois d'ailleurs parce qu'on est déçu que la Nation ne tienne pas sa promesse républicaine. Si M. Sarkozy veut encore faire une loi, je lui propose un vrai sujet : l'égalité entre tous les Français.

  • La gauche devrait-elle s'emparer de ce débat ?

Le moment choisi par la droite pour lancer ce débat montre que c'est une opération de diversion pour sortir d'une mauvaise passe, alors que les élections régionales se profilent. C'est aussi une tentative de récupérer un certain électorat. Ce qui est condamnable c'est le moment et la façon dont le débat est lancé. En revanche, la gauche ne doit pas rejeter ce débat, et encore moins le craindre.

  • La burqa menace-t-elle l'identité nationale ?

La burqa ne doit pas être acceptée sur le territoire français. Faut-il pour autant faire une loi ? Je ne le pense pas. Cela risquerait de susciter un effet provocateur et de multiplier le port de la burqa. Il faut faire très attention à ne pas instrumentaliser cela.

  • Le gouvernement gère-t-il bien le dossier de la souffrance au travail ?

A-t-on déjà vu dans le passé des suicides dus au travail d'une telle ampleur ? Où est la valeur travail prônée par Nicolas Sarkozy ? Il y a une montée dramatique de la précarité dans le monde du travail, une intensification des dégâts du libéralisme et de formes brutales de management, des mutations forcées parce que le dialogue social n'a pas été facilité. On pourrait imaginer un système de bonus-malus pour encourager à investir dans la qualité du travail et du dialogue social. Les entreprises qui investissent dans l'amélioration des conditions de travail pourraient bénéficier de bonus. En fonction du nombre d'accidents du travail ou de maladies professionnelles, d'autres au contraire pourraient avoir un malus. Le système actuel n'est pas assez efficace et incitatif. On pourrait aussi rendre facilement accessibles à tous les rapports des inspecteurs du travail. Et, surtout, faire un plan d'urgence pour la médecine du travail.

  • Des familles de soldats français tués en Afghanistan en août 2008 portent plainte. Qu'en pensez-vous ?

Il faut avoir le courage de dire qu'il n'y a, hélas, pas de guerre sans victime. Ce risque est la grandeur et la servitude du métier militaire. Ceux qui s'engagent dans l'armée savent qu'ils risquent leur vie. Mais je comprends le désarroi des familles qui ont perdu un proche.

  • Comment expliquer que le PS ne soit pas plus haut dans l'opinion, avec le contexte que vous décrivez ?

Il faut le demander aux actuels dirigeants du PS. Ils ont voulu la direction, ils l'ont. C'est donc à eux de faire en sorte que le PS soit beaucoup plus présent dans le débat public, plus à l'offensive sur la défense des valeurs et des propositions.

  • François Bayrou a révélé cette semaine que vous vous étiez rencontrés pour discuter. Etes-vous prêts à travailler ensemble ?

Je trouve normal que les dirigeants politiques puissent se parler. On a échangé, il m'a fait part de son projet de parlement de l'alternance et je suis bien sûr tout à fait disponible pour travailler avec lui comme avec d'autres.

  • Vous seriez prête aussi à rencontrer Dominique de Villepin qui appelle à une «alternative républicaine»?

Je ne veux pas réduire ma démarche politique à des rencontres individuelles même si je suis attentive à tous ceux qui se dressent contre les dérives d'une droite dure.

  • On a parlé de votre solitude, des rangs qui s'éclaircissent autour de vous...

Il ne faut pas confondre solitude et liberté. Ceux qui disent cela n'ont pas compris que la politique évoluait. Je suis une femme bien ancrée dans sa famille politique mais en même temps une femme libre qui a la capacité de fédérer autour d'elle des hommes et des femmes qui viennent débattre sur des sujets de fond et travailler sur des propositions pour la France. Quel autre leader politique a une équipe capable d'animer toutes les trois semaines des universités populaires qui rassemblent plusieurs centaines de personnes, comme nous le faisons avec Désirs d'avenir ? C'est ma façon de faire de la politique, en plus de mes responsabilités d'élue à la tête de la région Poitou-Charentes pour en faire une région exemplaire dans le domaine de l'excellence environnementale et de la création d'entreprises, sans augmenter les impôts.

dimanche 1 novembre 2009

Université populaire et participative sur le Travail



C'est dans une salle comble (près de 500 personnes) et dans une atmosphère très studieuse que s'est tenue l'université populaire et participative intitulée "Souffrance au travail, salariés bridés, chômage explosif : les salariés peuvent-ils encore croire en la valeur travail ?".

L'Université ouverte par
Ségolène Royal (voir ci-dessus) et animée par Gaëtan Gorce député de la Nièvre, a réuni :
  • Michel Gollac, sociologue du travail, Centre de recherche en économie et statistiques (CREST),
Comme d'habitude après les intervenants, le public a pu poser des questions, émettre une opinion supplémentaire ou demander des explications.

Une UPP passionnante donc, mais en plus un débat qui devrait être relayé partout pour que cesse la souffrance et les suicides au travail.

dimanche 4 octobre 2009

bilan et perspectives de la politique de Barack Obama




Ce lundi à 20h, au Théâtre Dejazet à Paris, cette Université populaire participative prendra la forme d'une conférence de Bernard-Henri Levy sur les bilans et perspectives de la politique de Barack Obama

Il répondra ensuite aux questions, vous pouvez donc les envoyer dès maintenant soit par courrier soit par Internet.

Pour envoyer vos questions

Par courrier : Association Désirs d’avenir, 95 Bd Raspail – 75006 Paris

Par mail : contact@desirsdavenir.org

Après la votation citoyenne pour la poste



Didier Migaud, Député socialiste, Président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale a déclaré ce dimanche sur Europe 1, qu'il n'y avait pas d'obligation pour le gouvernement de transformer le statut de la poste en société de droit privé, l'Europe ne le demande pas et même dans un univers de concurrence rien ne le justifie.

Pendant ce temps le gouvernement essaie de minimiser la réussite de cette votation organisée par le comité national contre la privatisation de La Poste qui réunit non seulement l'opposition, mais aussi de nombreuses organisations, syndicales et sociales, malgré cela pour le gouvernement c'est un coup de la gauche.

De plus, la question posée dans cette votation serait mensongère, certains ministres affirmant qu'ils auraient pu voter dans le même sens, car bien sûr il ne vont pas privatiser.

Nous allons certainement les croire, quant on sais que la même promesse a été faite la main sur le cœur, par Nicolas Sarkozy pour EDF/GDF.


Nous devons garder un service postal, pour tout les citoyens, sur tout le territoire, dans les même conditions et les même tarifs.

lundi 21 septembre 2009

Discours de Ségolène Royal lors de la Fête de la Fraternité



Voici le texte complet du discours de Ségolène Royal prononcé lors de la Fête de la Fraternité à Montpellier.

Mes chers amis,

Permettez moi de vous dire ma joie et ma tendresse de vous voir, nombreux, vous qui êtes venus parfois de si loin, vous qui restez heureux et présents, par jour de grand beau temps comme par jour de tempêtes.

Nous avons marché ensemble et nous marcherons encore longtemps ensemble. Car c’est cela, l’esprit de notre mouvement citoyen, c’est cela l’esprit de Désirs d’Avenir : un rassemblement de citoyens en mouvement qui marchent, ensemble pour ouvrir un autre chemin.

Merci à tous les artistes, les créateurs, de leur don … celui de leur art pour nous offrir de la joie. Merci à ceux de l’ombre, ceux des coulisses, ceux qu’on ne voit jamais et sans lesquels rien ne serait possible.

Merci à Brahim Abbou, notre magnifique Brahim, à toute l’équipe du comité local de Désirs d’avenir, à Cité d’avenir : vous avez fait un travail formidable, enthousiaste, chaleureux qui a porté cet évènement. Merci à Hélène Mandroux qui nous accueille dans sa belle ville, merci à Jean-Louis Bianco, Delphine Batho, Guillaume Garot, Dominique Bertinotti, Najat Vallaud-Belkacem, Marie Monique Robin, Daniel Maximin pour votre présence et pour la qualité exceptionnelle de vos interventions. Merci à Jean-Pierre Mignard, mon ami, qui vous envoie le bonjour et s’excuse de ne pouvoir être parmi nous. Je ne l’oublierai jamais. Il est à Libreville dans le cadre de son métier d’avocat.

Martin Luther proclamait « le courage, c’est de ne pas se soumettre aux circonstances. » Permettez moi, aujourd’hui, de saluer VOTRE courage. Le courage de ne pas céder, de ne pas douter, malgré les vents tourbillonnants qui ne sont, au fond, que l’écume des vagues. « La vie, comme le combat politique est faite de méandres, de flux et de reflux. C’est le mouvement même de la vie. ». C’est François Mitterrand qui disait cela.

L’essentiel, c’est de garder son cap, d’avancer avec sa boussole et de ne pas quitter des yeux l’objectif que nous nous sommes fixés.

Le microcosme parisien, dérouté par ma liberté par mon refus de m’assujettir à leurs codes leurs compromissions a entamé la mise en accusation répétitive et obsessionnelle sur la solitude.
Comme si quelques notables de la politique en attente de jours meilleurs et allant faire leur marché ailleurs, comptaient davantage que vous tous qui donnez généreusement votre temps, vos déplacements, vos énergies, vous êtes vrais, simples, heureux, vous êtes la France qu’on aime.

Moi, ce qui me préoccupe ce n’est pas mon sort personnel, c’est le sentiment de solitude et même d’abandon que ressentent des millions de français. Qu’entendons-nous ? Les questions de vie quotidiennes sont là, de plus en plus pressantes : « qu’est-ce qui va se passer si la grippe arrive dans l’école de mon enfant ? Si je perds mon boulot ? Que va devenir ma vie, ma famille, si mon entreprise est menacée, si je tombe malade, si je ne peux pas rembourser mon emprunt, si je n’arrive pas à payer d’études à mon fils ou ma fille, s’ils ne trouvent pas de travail ? »

Le pouvoir nous abandonne et nous laisse seuls dans l’adversité. Tout un peuple abandonné en quelque sorte par ses dirigeants, voilà la vraie, la dure solitude à laquelle les télés devraient s’intéresser. La fragilité croissante n’épargne personne. On se méfie des gens de pouvoir, perçus comme incapables d’arranger le désordre. « Même quand ils agissent, pas de résultats concrets » entend-on. Alors oui, il faut d’urgence des résultats, ici et maintenant. Tout le reste, c’est du temps perdu et de l’embrouille.

Les politiques sont perçus comme des marchands de mots. « Taxes » : voilà le mot le plus rejeté, car même habillée en vert c’est une contrainte de plus. « Pourquoi ajouter des contraintes aux contraintes alors que la vie devient plus dure. On a l’impression d’avoir de moins de moins de liberté dans la vie quotidienne, même plus de liberté de la pensée. »

Combien de témoignages disant : « Je l’avoue : je me replie de plus en plus sur mon pré carré : ma famille, mes proches, les miens quoi. Je suis de gauche et je m’aperçois avec stupéfaction que j’ai du mal avec certains mots, je ne les comprends plus « collectifs », « soutien aux plus défavorisés » ou même « solidarité ».

Mots qui ébranlent nos certitudes et nos propres mots, usés à force d’être ressassés.

Osons le dire.

Solidarité ? Mais solidarité avec qui, quand on reçoit si peu ? On culpabilise les gens, on les traite comme des privilégiés parce qu’ils ont un CDI, comme si c’était un luxe ; on leur dit qu’ils sont de mauvais citoyens parce qu’ils utilisent leur voiture pour aller à un pique nique en famille le dimanche, comme si c’était un crime de lèse planète en vérité le coup d’une taxe. Et pendant ce temps, les vrais privilégiés prospèrent. La connivence, les réseaux de relations les protègent. C’est insupportable. De la même façon que l’on risque de rendre l’écologie difficile en créant des taxes nouvelles, on risque de galvauder ce beau mot de « solidarité », à force de l’invoquer sans mettre à bas les rentes des vrais privilégiés.

Alors, c’est pour tous et pour toutes que nous devons nous sentir fort de notre force, libre de notre liberté, sereins de notre sérénité.

Parce que nous avançons ensemble, parce que nous innovons ensemble, parce que nous entreprenons ensemble, parce que nous nous respectons mutuellement, parce que nous rêvons aussi un monde meilleur et que nous mettons, n’en déplaise à certains, toute notre énergie, toute notre force, toute notre créativité au service des autres et au service de la France.

Parce que le peuple est debout, parce que nous sommes les citoyens et que nous travaillons à l’avènement de ce Siècle Citoyen où l’on reprendra la maîtrise des choses, de nos vies sans subir le joug d’un pouvoir inerte. Et de cela je suis fière ! Et de cela nous n’avons pas à rougir ! Et de cela nous n’aurons jamais à nous excuser, quelle que soit les scepticismes, les ricanements et les menaces. Soyons fiers du travail que nous faisons ensemble, soyons fiers des fêtes de la Fraternité que nous réussissons ensemble, soyons fiers de nous pour donner envie à beaucoup d’autres, à des milliers d’autres de nous rejoindre pour avancer.

Mes chers amis, venus de partout.

Quel chemin parcouru depuis l’automne dernier ! Depuis cette première fête de la Fraternité qui fit couler tellement d’encre.
Vous avez vu depuis, ne boudons pas cette gourmandise, à quel point après les ricanements du Zénith le mot Fraternité s’est invité dans toutes les discussions, dans tous les discours, dans toutes les déclarations. Je m’en réjouis. Ce mot appartient à la France. Il est l’un des socles de notre pays, de notre démocratie, il est le grand vœu des Lumières ! Avec la liberté et l’égalité.
Quel chemin parcouru depuis un an !

Nous avons lancé les Universités Populaires Participatives. Chacune d’elle a été un grand succès. Nous avons réuni des milliers de personnes cette année pour débattre ensemble, avec des spécialistes remarquables, sur des sujets fondamentaux :

Qu’il s’agisse de la crise financière, ou comment la surmonter avec des hommes à la pointe de la réflexion économique comme Philippe Aghion ou Yann Algan ….

Qu’il s’agisse des liens entre l’Europe et l’Afrique… personne n’oubliera l’émouvante et puissante intervention de Stéphane Hessel, saluant le pardon de Dakar, saluant aussi notre volonté d’imposer la fraternité dans le débat public. Et nous avons entendu Daniel Maximin, si brillant et si convainquant.

Que nous évoquions la crise alimentaire ou la Fraternité, avec les interventions si humaines de Régis Debray et Jean Claude Guillebaud. Marie Monique Robin, le monde selon Montsanto nous a montré tout à l’heure les liens étroits et protection de la planète.

Oui, nous avons, depuis un an, avancé à pas de géants.

Le 1er Octobre, à Poitiers, débutera et pour 3 jours l’université populaire du grand sociologue Edgar Morin sur les 7 grands défis que doit relever l’humanité : défi de la politique et de la gouvernance internationale, défi économique, social, écologique, éducatif et éthique, le vendredi 2 octobre à 18 heures, Université participative européenne. Ces défis que je fais mien et que je porterai dans toutes mes actions nationales et internationales en votre nom et au nom des Français.

Oui, mes amis, nous pouvons être heureux de ce que nous sommes et de ce que nous faisons. Désirs d’avenir, armé de son enthousiasme, de son savoir faire et de sa croyance en demain, Désir d’avenir à construit cette année des bases solides de réflexions et d’action concrètes pour demain.

En venant ici, je repensais à cette année qui venait de s’écouler.
On peut tout faire si on reste chevillé à la base ;
On peut tout faire quand on reste à l’écoute populaire ;
On peut tout faire quand on n’a pas peur de parler ;
On peut tout faire quand on n’a pas peur de la vérité et que l’on accepte de se remettre en cause;


Avec vous, je n’ai pas peur de parler ;
Avec vous, je n’ai pas peur de la vérité ;
Je crois à la force citoyenne ;
Oui, ce qui compte, c’est la constance, et le chemin dans lequel nous avançons !
Ce qui compte, c’est notre cohésion et notre volonté d’avancer malgré les embûches ;
Ce qui compte, c’est notre respect mutuel ;
Ce qui compte, c’est notre fraternité, qui est plus grande que nous et qui va encore nous faire grandir et donner envie de nous rejoindre !
A nous ensuite qu’il y a une autre façon de faire de la politique, humaine et efficace.


Qu’est-ce que c’est que la fraternité et comment peut-elle nous faire agir ?

La fraternité « consiste à devenir frère et sœur avec tous ceux qui ne sont ni nos frères ni nos sœurs. »

J’y vois là une clé essentielle pour permettre une nouvelle conscience mondiale, ce nouveau siècle citoyen.

La fraternité, c’est ce sentiment qui dépasse toutes les différences pour nous permettre de vivre ensemble.

Dans un monde frappé par une crise morale sans précédent, un pessimisme latent, un « aquabonisme » quotidien, tant la vie est difficile, tant l’horizon semble bouché, dans les rapports familiaux, sociaux , se dégradent, dans un monde au cœur glacé, ou l’individualisme est la seule réponse que l’on peut trouver pour se protéger des coups qui pleuvent, lié à une politique injuste qui accorde tout à ceux qui ont tout et n’accorde rien à ceux qui n’ont déjà pas grand-chose. Liés aussi à une dégradation du lien républicain… dans ce monde qui ressemble de plus en plus à une jungle, où la loi du plus fort remplace peu à peu le progrès social, oui dans ce monde qui s’empoisonne, la fraternité doit agir comme un puissant contre poison.

Nous sommes meurtris par les suicides à France Télécom. Ils disent une souffrance, personnelle mais aussi peut être sociale, du à un changement brutal de culture de cette entreprise, à ces murs de silence derrière lesquels on s’enferme quand la pression devient trop forte.

Je n’irai pas plus loin mais je ressens ces vies écourtées par le chagrin comme une alerte, qui doit tous nous rappeler que la fraternité, c’est justement combattre la société de défiance. Fraterniser, c’est établir de nouveau rapport dans l’entreprise, un nouveau dialogue social.

Nous sommes aussi meurtris par la souffrance des salariés des usines qui ferment, Molex, Continental… Ouvriers humiliés, bafoués… Chez Fabris, on menaçait de faire brûler l’usine et je les comprenais parce qu’à leurs côtés je voyais l’humiliation, la désespérance, être traités moins bien que les machines, liquidés avec la mémoire ouvrière que l’on écrase sans un geste, sans un mot, sans la moindre contrepartie alors que l’argent continue de couler à flots sur des banquiers véreux.

Il y a 150 ans naissait Jean Jaurès. Jaurès engagé comme un lion dans la lutte pour la justice sociale, Jaurès qui, avec une écriture magistrale, décrit avec tant de force la souffrance ouvrière de la fin du 19ème siècle, évoque « un système de métal qui traite les hommes comme des marchandises ! « Un siècle plus tard, rien de vraiment différent. Toujours un système dont les mâchoires d’acier broie les plus faibles.

Ce combat de la dignité, c’est notre combat, à nous les socialistes, à nous les progressistes, a nous la gauche ! Le combat pour le respect humain, de la justice sociale. Le courage, écrivait-il, c’est de chercher la vérité et de la dire. Même si elle dérange, même si elle réveille toutes les oppositions les plus violentes.
Vous, moi, nous sommes les héritiers de ces idées là. Nous sommes les gardiens de la devise de la France « liberté, égalité, fraternité. »

La France de la Fraternité peut elle accepter cela sans réagir à cette offense faites aux salariés ? La politique est une affaire de décision, d’échelle de valeur et je ne crois pas, moi, que la politique soit impuissante devant l’économique. Je crois au pouvoir du dialogue social, et fraternel.

Mais la fraternité se forge aussi dans le combat contre l’adversité.

Cet incroyable ressort humain qui se réveille lorsque nos vies sont menacées. Plus de querelles de voisinage, plus de querelles de clochers. Quand la tempête souffle et détruit le village, tout le monde le reconstruit, ensemble, sans état d’âme en se donnant du courage. C’est aussi la fraternité des ouvriers de Continental qui se déplacent à Hanovre pour fraterniser avec les ouvriers allemands.

« Les forces divisées s’annulent » écrivait Victor Hugo. La fraternité les additionne, les multiplient là ou l’indifférence et l’injustice sociale les soustrait, les divisent, les affaiblit.

C’est cela qui anime à Désirs d’avenir. Oui, Désirs d’avenir est un mouvement de citoyens, ancré dans la réalité, dans l’écoute et dans le plaisir d’être ensemble pour être utile.

Nous sommes pour la plupart d’entre nous engagés à gauche depuis tant d’années, dans les associations, au parti socialiste, dans des syndicats.

La fraternité, c’est l’union des forces mais l’union est aussi un combat. Unissons-nous, hommes et femmes de bonne volonté pour changer notre pays qui supporte tant de mauvais coups en ce moment.

Soyons confiants et travaillons tous ensemble, mobilisons pour peser.

La fraternité, ca n’est pas un concept abstrait, un ornement de plus sur une guirlande de mots.


Oui, c’est une arme, un levier politique, un axe autour duquel doit s’accrocher toute décision politique, économique ou sociale.

C’est la seule arme pour sortir de l’abstraction. L’abstraction, le virtuel qui consistent à couper tous les liens , même les plus infimes entre le virtuel et le réel…. entre les chiffres glacés des taux de rendement et la réalité humaine qui a permis d’obtenir ces chiffres… entre les décisions prises dans un bureau de New York et les conséquences concrètes à Gandrange ou ailleurs… entre le cargo qui dégaze dans l’Atlantique et les dégâts souvent irréparable sur l’environnement et donc la vie des êtres humains… .On peut multiplier à l’infini les exemples de cette abstraction, de cette rupture quasiment intégrale dans la chaine humaine qui fait que l’on ne perçoit même plus, même théoriquement, les conséquences directes de notre décision. Oui, cette abstraction est bien l’une des sources empoisonnées de notre temps .

Oui la fraternité est l’antidote au virtuel, à l’abstraction qui détruit notre terre commune : la conscience aigüe de l’autre que nous avons le devoir de retrouver et le respect de l’humanité de chacun, la nécessité vitale d’établir un nouveau code de comportement dans les relations entre un Etat et ses citoyens, un patron et ses salariés, un gouvernement et les syndicats.

Oui, nous devons passer un nouveau contrat humain entre les différents corps qui composent ce pays, ce continent et cette planète.

On m’objectera que ce sont là des mots, des utopies et des concepts. Moi, je crois bien au contraire que c’est la première mission d’un dirigeant politique dans le monde qui s’avance : porter ces valeurs fondamentales et encourager par tous les moyens, à revenir à notre creuset commun : notre humanité. Mohammad Yunus, le prix Nobel de la paix indien, inventeur du micro-crédit, le dit de très belle manière : tous les êtres humains ont un désir très ancré d’aider les autres. Or, le système actuel, qu’il soit politique ou économique oublie cet aspect fondamental de l’être humain. Nous marchons à l’envers.»

Le système actuel pousse à écraser l’autre. Mais en écrasant son voisin, on s’écrase soi-même. C’est grâce à ce retour au fondement même de la démocratie, grâce à cette fraternité active, qu’il y aura des victoires durables.

La Fraternité, c’est aussi la conscience de notre citoyenneté planétaire
.

« Nous sommes tous des Africains, nés il y a 3 millions d’années et cela devrait nous inciter à la fraternité ». Voilà ce qu’affirment Yves Coppens, découvreur de Lucy en Ethiopie et Michel Brunet, découvreur Thoumaï au Tchad. Voilà un magnifique démenti à tous ceux qui considèrent que l’homme noir n’est jamais entré dans l’histoire.

Oui, la Fraternité c’est l’antidote au racisme, à l’antisémitisme
. Oui, la Fraternité c’est l’hymne à l’ouverture, à la coexistence et pour nous ici, en France… à la France métissée… Je vous salue, chers amis, chers habitants des quartiers de Montpellier ! Je salue la France métissée… la chance de la France.

« Chaque homme, chaque femme porte en lui l’humaine condition. » C’est une vérité qui s’impose jour après jour à l’échelle planétaire. Nous assistons dans un fracas épouvantable, à l’effondrement de ce vieux monde, basé sur le capitalisme financier à outrance, une forme d’amoralité économique et environnementale. A nous de replacer au centre de tout cette fraternité humaine qui transcende les différences sans aliéner ce qui est précieux dans la différence.

Je vous le dis, mes amis, la fraternité est née du siècle des lumières, elle est l’un des socles de notre démocratie, elle a inspiré le monde. Le monde est notre pays, les humains sont nos frères. Voilà les phrases qui résonnaient en Europe au 18ème siècle.

A nous de les porter à nouveau pour ce 21ème siècle. C’est le combat essentiel, le combat d’une vie, le combat de ma vie.

La fraternité, c’est enfin la coexistence avec tout ce qui vit. C’est la reconnaissance des êtres humains mais aussi de leur environnement et des liens inaliénables qui nous lient à la terre sur laquelle nous vivons.

Il n’est pas trop tard et nous pouvons absolument inverser le processus de destruction, désamorcer la bombe à retardement que nous avons-nous même fabriquée.

La poussée écologiste est positive. Il indique une prise de conscience profonde de l’opinion sur la question de l’environnement.

Comme le succés du film « Home « de Yann Arthus Bertrand ou, il y a quelques années, celui d’Al Gore « Une vérité qui dérange. »

Nous pouvons tenter de rattraper le temps perdu.
Avec détermination et imagination…

« L’imagination est plus importante que le savoir » disait à la fin de sa vie Albert Einstein
enfermé dans un chagrin incommensurable face à l’utilisation criminelle qui était faite des travaux qu’il avait mené toute sa vie pour améliorer la vie des êtres humains.

Oui, l’imagination est à la base de tout.
Imaginons ce monde durable. Et mettons tout en œuvre, économiquement, scientifiquement, financièrement pour impulser cette croissance verte dans tous les domaines.

Je me bats depuis des années sur tous les fronts de l’écologie, depuis le ministère de l’Environnement avec le traitement de la crise des déchets, la sauvegarde de la biodiversité et le Sommet de la Terre à Rio ; le sauvetage des paysages exceptionnels comme le Marais Poitevin et aujourd’hui le combat pour la voiture électrique pas chère, pour l’énergie solaire, contre les OGM, les pesticides, tout ce qui saigne la terre et tue lentement mais surement les êtres humains.

Victor Hugo a eu cette phrase superbe « Les hommes sont solidaires avec la planète, la planète avec le soleil, le soleil avec l’étoile et l’étoile avec l’infini. La solidarité des hommes est le corollaire invisible de la solidarité avec l’univers. » Il est temps de prendre conscience de ce monde global qui est le notre et celui de chacun de nous.

Nous sommes notre environnement.


A nous de nous battre pour le soigner et créer là aussi de véritables valeurs sociales.

Qui peut aujourd’hui nier le gisement d’emploi que représente la croissance verte ? Personne.

Dans les années 90, le Japon, frappé par l’explosion de la bulle financière, a sauvé son économie en investissant dans la recherche et la haute technologie.

Nous sortirons de cette crise en investissant dans la croissance verte. Les Etats-Unis l’ont compris. Les pays du nord de l’Europe aussi, et depuis bien longtemps.

A nous de jouer. Il faut réaménager toute la fiscalité. J’ai longuement expliqué mon opposition à la taxe carbone version UMP, un impôt supplémentaire destiné à repeindre en vert et sur le dos des citoyens, surtout les plus fragiles, un bilan gouvernemental indigent en matière d’environnement. Taxons plutôt Total et les compagnies pétrolières.

Comment peut-on encore favoriser l’utilisation du charbon, du pétrole et même du nucléaire alors que ces milliards de subventions permettraient de soutenir l’énergie solaire, l’hydrogène ou les piles à combustibles ? Nous avançons encore à contre courant.

Entrer dans un monde durable, c’est sortir de la myopie du 20ème siècle , obsédé par la croissance économique à n’importe quel prix.

Investir dans la croissance verte, le développement durable, c’est investir dans l’épanouissement humain, qui est le seul, garant, à terme, de la paix civile, économique et sociale.

Cette fraternité entre l’homme et son environnement, à nous de la faire avancer dans les esprits et dans les faits.

Mes chers amis,

Nous voici à la croisée des chemins.

Dans quelques jours, le G20 se réunira à nouveau. Nous savons déjà que l’hyper communication et que les images qui vont déferler matin midi et soir vont nous démontrer par A +B que ce sommet est un succès , que les dirigeants, mains dans la mains, sont parvenus à moraliser le capital . Mais ou est la morale quand les banques recommencent à verser des bonus indécents ?

Ou est la décence quand le système redémarre comme si de rien n’était ?

Ou est la fraternité, l’humanisme, le respect du peuple quand les financiers recommencent à s’engraisser, alors que les PME n’arrive même pas à accéder à un crédit pour pouvoir tenir, que dis je pour pouvoir survivre ?

Ou est le succès quand tout semble recommencer comme avant, comme si de rien n’était ?

Nous n’acceptons pas ce « comme si de rien n’était … Dans ce paysage de champ de bataille dévasté par la crise, il est plus que jamais indispensable de s’en remettre à des valeurs et des règles simples, claires, discutées par tous et en premier lieu par les contribuables. Les tenir à distance du débat sur l’avenir du capitalisme, alors même qu’ils ont été les premières victimes de la crise, paraît inconcevable.

Les règles que je propose sont frappées au coin du bon sens.

1) Première règle : encadrer strictement les bonus, voire si possible les interdire, car ils sont le signe extérieur d’une société qui se délite et qui, au fond, perd son âme, car ils nous interrogent sur la France, l’Europe et le monde dans lequel nous voulons vivre. Et je vous pose la question : est-ce qu’un trader est plus utile à la société qu’un médecin, qu’un instituteur ou qu’un postier ? Et là encore, il est question de fraternité. Ceux qui veulent défendre le système actuel, sont les mêmes qui raillent l’idée de fraternité. Ils se croient des réalistes, ils se croient des gens sérieux. Mais oublier la fraternité, c’est l’irréalisme même, autrement dit, comme le dit Régis Debray, les phraseurs, ce sont eux. Ce sont eux les têtes en l’air, ceux qui n’ont plus les pieds sur terre, sur la terre des hommes et des femmes sans bonus ni parachute doré.

2) Deuxième règle : mettre fin aux intolérables collusions, conflits d’intérêts, négligences tacitement acceptées entre ceux qui soi-disant régulent et les banques dont ils sont censés assurer la surveillance. Dans l’ombre, des lobbys puissants s’affairent. Les puissances bancaires ont leurs entrées dans les cercles du pouvoir. Elles demandent l’aide de la puissance publique mais refusent que l’Etat rentre à leur capital ; elles font mine d’accepter des contraintes sur les rémunérations et les bonus, mais ces contraintes n’en sont pas. Le discours s’est brouillé. Les leurres prolifèrent. Tout le monde est pour la régulation. Tout le monde est pour l’Etat. Tout le monde est pour le contrôle. Un savant jeu de rôles est organisé. Le gouvernement doit montrer qu’il agit. Les mots sont durs, les banques sont convoquées, on pousse des cris d’orfraie, c’est la place financière de Paris qu’on assassine. La menace est jugée médiatiquement crédible, le pouvoir est satisfait ; les banques se rassurent, les acteurs ont été bons, le pire est évité. Ces connivences existent en France, mais aussi en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis. Voilà pourquoi l’agenda du G20 est finalement si mince.

3) Troisième règle enfin : recentrer les banques sur leur véritable métier, la collecte d’épargne et le prêt aux entreprises et aux familles. Ça veut dire interdire aux établissements financiers de proposer autre chose que des produits solides, robustes, bien identifiés et tracés. La simplicité et la robustesse ont ici deux vertus : éviter l’accident intégral que nous avons frôlé l’année dernière ; rendre possible la régulation financière. Aujourd’hui, les banques gèrent les économies de millions de familles et spéculent sur les marchés financiers. Aujourd’hui, les banques françaises, allemandes, britanniques et bien souvent américaines gèrent nos dépôts et jouent avec sur les marchés financiers. Hé bien je vous le dis, c’est avec cette confusion des genres malsaine et dangereuse qu’il faut rompre. On ne devrait pas être à la fois une banque de dépôt pour les familles et les PME et une banque s’occupant d’opérations de marchés. Ce sont deux métiers différents. Il faut donc les séparer. Aux premières la légitimité de l’intervention de l’Etat pour sauver l’épargne des ménages et le financement de l’économie. Aux secondes, celles qui spéculent, la responsabilité entière de leurs actes.

Voilà mes 3 propositions. Elles sont très simples. Il suffit de le vouloir. Je crois à la force de la politique, je crois à la force de la décision. Je mets donc au défi Nicolas Sarkozy d’accorder enfin un peu ses violons, ses actes à ses paroles, ses belles déclarations d’intention à ses décisions politiques. On ne peut pas théoriser le bien être à Pittsburg et provoquer le mal être à Gandrange, à Fabris, à Molex et Continental. On ne peut pas ouvrir à gauche et gouverner à droite, on ne peut pas moraliser le capitalisme au G20 et protéger les niches et le bouclier fiscal à l’assemblée. Ca n’est tout simplement plus POSSIBLE !

Mes chers amis,

Nous devons être le mouvement.
Nous voulons ne pas rester enfermés dans nos certitudes et nos réflexes.

Nous avons la capacité de nous remettre en cause.

Je ne crois plus aux mots valises, aux recettes clé en main, aux décrets en tout genre, aux organisations pyramidales.

A Désirs d’avenir, je veux rendre le pouvoir de faire aux Comités locaux, la réussite de cette fête le prouve.

La démocratie, c’est le mouvement, la capacité à anticiper, à s’adapter, se remettre à en cause quand c’est nécessaire, à reconnaitre ses erreurs, et à repartir en restant fermement ancré dans ses valeurs inséparables : la liberté, l’égalité et la fraternité.

Nous devons libérer les énergies de ce pays et nous le ferons dans le mouvement. Non plus du haut vers le bas mais horizontalement, dans un dialogue sans cesse régénéré entre les citoyens et ceux qui les gouvernent.

C’est pourquoi je crois à la démocratie participative. Cette démocratie participative qui est à la base même de Désirs d’Avenir et qui le restera. N’ayez jamais le moindre doute sur ce sujet. Jamais.
Nous ne pouvons plus rester statiques, accrochés à une certaine arrogance, une vision hypertrophiée de notre pays dans un monde qui change si vite, où les informations s’échangent désormais à la seconde, où qui que ce soit peut mettre en ligne en un clic sa vision du monde, ses émotions, son analyse, ses critiques ou ses joies. Internet à changé nos vies… Cette toile mondiale est en mouvement, permanent. Il ne s’agit pas de juger moralement ce phénomène. Il est, tout simplement, et nous devons nous aussi l’utiliser pour créer des valeurs positives, créer de l’espoir.

Je relisais dernièrement des témoignages sur Roosevelt. Et l’un de ses amis citait cette phrase que le président Roosevelt lançait à chaque fois qu’il se trouvait face à une situation bloquée … « Il y a de nombreuses manières de soutenir la tache mais se contenter d’en parler n’en fera jamais partie. »

Ecouter beaucoup, parler peu et agir vite… voilà le mouvement que nous devons impulser.

Allez à la rencontre des idées nouvelles, nous enrichir, avancer par addition et non plus par soustraction, être dans cette dynamique qui nous élève, cette dynamique citoyenne qui monte, partout en France mais aussi dans le monde, de Bombay à Buenos aires, de Moscou à Johannesburg. Face à toutes les violences, nous voulons une révolution douce, qui rende au peuple, à chacun, un véritable pouvoir de choisir sa vie, son destin et celle de ses enfants.

Je compte sur vous, adhérents de Désirs d’avenir, militants socialistes, acteurs engagés, artistes et intellectuels. La gauche compte sur vous et la France compte sur vous. Je continue à faire tout ce que je peux, pour faire émerger ce Siècle Citoyen qui s’avance. A nous d’agir et de donner envie d’agir autour de nous. De cette façon, tous ensembles, militants de gauche, militants socialistes, salariés, jeunes de toutes origines et de tous horizons, syndicalistes, habitants des campagnes et des villes, intellectuels, acteurs engagés dans les associations, oui, tous ensembles, nous accompagnerons le dépassement du parti socialiste, nous créerons ce mouvement puissant et accueillant que tout le pays attend.

Voici votre feuille de route :
1) Mobilisez-vous dans les Comités locaux pour faire de Désirs d’avenir l’avant-garde d’une nouvelle forme d’action solidaire et d’échange de services.

2) Réactivez Cités d’avenir et Désirs d’entreprendre. Soyez les défricheurs de nouvelles actions.

3) Faites de Désirs d’avenir un lieu de réflexion avec nos Universités populaires participatives. Et faites fleurir partout ce vaste mouvement d’éducation populaire.

4) Soyez des témoins engagés. Chaque comité local doit recueillir les témoignages de notre temps et leur permettre de franchir le mur médiatique. A vos caméras pour interroger les salariés qui subissent la crise, éleveurs désespérés, mais aussi les réussites et les actions d’exception, qui prouvent que l’énergie du pays est là et ne demande qu’à se développer.

5) Rétablir la vérité. Sur les faits, sur les paroles, sur les manipulations, sur les faux consensus, comme je l’ai fait sur la taxe carbone.

Je suis heureuse est fière de vous savoir présents et enthousiastes sous les critiques, les dénigrements, les malveillances, les « boules puantes » comme disait le Général de Gaulle. En avant ! Et en regardant notre bonheur d’agir et d’avancer, oui, à nous regarder, ils s’habitueront et ils viendront ou reviendront.

VIVE DESIRS D’AVENIR !
VIVE LA FRATERNITE !

vendredi 4 septembre 2009

L'écologie ne doit pas servir à créer des impôts nouveaux



En 2007, la fondation Nicolas Hulot avait interrogé les candidats à l'élection présidentielle sur différents sujets en rapport avec l'écologie. La taxe carbone faisait partie des sujets…

Vous trouverez ci-dessous l’intégralité de la réponse de Ségolène Royal, cette lettre prouve qu'elle est constante dans ces prises de position, ceux qui joue la surprise sont soit malhonnête, soit mal informé:


LETTRE DE SEGOLENE ROYAL A L'ADRESSE DE NICOLAS HULOT

Paris, le 5 janvier 2007

Monsieur le Président,


Vous m’avez invitée, en même temps que les autres candidats à la Présidence de la République, à réagir aux propositions formulées par le Comité de veille écologique.


Je soutiens sincèrement les orientations du Pacte écologique et je vous propose d’aborder ici les principales mesures qui me permettront, si je suis élue, de mettre en œuvre une politique ambitieuse pour le respect de l’environnement et la promotion du développement durable dans notre pays mais aussi à l’échelle planétaire.

Depuis le Sommet de la Terre, à Rio en 1992, où je représentais la France en tant que Ministre de l’Environnement, la crise environnementale s’est aggravée. L’absence de volonté politique et la priorité donnée au profit à court terme ont accentué la dégradation de l’environnement avec des conséquences humaines terribles, en particulier pour les plus démunis qui sont aussi, trop souvent, les plus vulnérables. Nous avons aujourd’hui une responsabilité historique pour faire face aux défis du changement climatique, aux enjeux de l’après pétrole et de la préservation de la biodiversité. Nous ne devons pas avoir peur d’affronter cette réalité nouvelle. Au contraire nous devons faire face avec responsabilité et détermination, et saisir cette opportunité d’une transformation progressive mais profonde de nos modes de production et de consommation.

Cette transformation est rendue possible aujourd’hui par le travail d’information et de sensibilisation que les organisations de protection de l’environnement, dont celle que vous présidez, ont conduit ces dernières années. Vous avez su placer l’écologie au centre du débat politique et je veux vous remercier, sincèrement, pour la mobilisation que vous avez suscitée. Le succès de l’initiative que vous portez aujourd’hui montre que le développement durable est devenu une préoccupation majeure des Français. Ils attendent des mesures ambitieuses et surtout des actions concrètes. Je saurai répondre à cette attente.

Dans la région que je préside, j’ai pu ces dernières années expérimenter une politique d’excellence environnementale, notamment en engageant l’initiative « climat » qui reprend les objectifs de Kyoto en les mettant en œuvre sur le territoire régional.

Aujourd’hui, j’ai placé l’excellence environnementale au cœur de mon programme et si je gagne la confiance de nos concitoyens, je placerai le développement durable au cœur de mon action. La France doit devenir exemplaire sur ce sujet.

La promotion du développement durable est un enjeu éminemment politique. Les solutions technologiques ou fiscales ne suffiront pas. De puissants lobbies refusent les changements nécessaires. Il faut une volonté politique inébranlable pour leur faire face et les convaincre de procéder aux réorientations indispensables de l’économie vers une logique de durabilité. Car à côté de l’action de l’Etat régulateur et de celle des citoyens mobilisés, il nous faudra aussi stimuler les efforts que doivent engager les entreprises, notamment les grandes multinationales. J’affirme ici ma volonté de tenir bon sur les mesures les plus difficiles, celles qui engagent les rapports de force les plus délicats, qui permettront de vrais changements et qui constitueront une opportunité de création d’emplois.

Nous devons aussi repérer les interactions entre les enjeux environnementaux, les questions stratégiques internationales et les problèmes de pauvreté et de migration. Nous devrons considérer avec attention les conséquences géostratégiques des changements climatiques et des tensions sur les approvisionnements énergétiques : risque de conflits pour contrôler l’accès aux ressources pétrolières et gazières, flux migratoires renforcés et appauvrissement des populations qui sont déjà les plus vulnérables. Nous devrons aussi mettre en cohérence nos actions de coopération pour le développement avec la nécessité de préserver les ressources naturelles qui devraient être une source essentielle de revenus pour les habitants des pays en développement.

Enfin, j’entends inviter toutes les composantes de la société à agir ensemble pour relever le défi qui est le nôtre : concilier la protection de l’environnement avec l’urgence sociale et une efficacité économique durable. A ce titre, je souhaite mobiliser les collectivités locales qui ont un rôle majeur à jouer et qui pour bon nombre d’entre elles se sont déjà engagées en adoptant des Agenda 21.


Je souscris à l’urgence soulignée par le Pacte écologique d’agir en priorité pour limiter le changement climatique, cette perturbation profonde des capacités de vie sur terre ayant des conséquences sur tous les autres domaines de l’environnement (biodiversité, ressource en eau…). La prise en compte du changement climatique et la promotion d’une nouvelle politique énergétique sera l’axe prioritaire structurant ma politique de développement durable et responsable.

La dégradation de la biodiversité (terrestre et marine) sera ma seconde priorité.

Enfin le poids des pollutions de différentes natures sur la santé humaine, et notamment la thématique de la santé au travail sera mon troisième domaine d’attention.

Je m’engage, si je suis élue, à mettre tout en œuvre pour que la France devienne le pays en pointe de l’excellence environnementale, de la réussite économique et de l’ordre social juste. C'est la Présidente de la République qui sera garante de cette politique et des choix nécessaires pour atteindre ces objectifs.

Vous m’avez demandé de réagir aux « dix objectifs pour un changement de cap » et aux « cinq propositions concrètes pour changer» avancées dans le Pacte écologique.

Je souhaite aller au-delà du simple commentaire et vous donner les grandes lignes des mesures les plus importantes que je défendrai si je suis élue..

Ma réponse est un peu longue, mais il est de ma responsabilité de préciser les lignes d’action qui seront mes priorités pour engager les changements nécessaires à la construction d’une société plus durable. En effet, la parole politique, pour être crédible, doit être précise.

1. Economie : vers une logique de durabilité


Le Pacte identifie à juste titre les efforts qui doivent être faits sur la qualité intrinsèque des produits, mais aussi sur les procédés et méthodes de production, et l’organisation des parcs industriels.

Nous devons nous engager sur la voie de cette « économie circulaire » déjà testée par nos voisins du nord de l’Europe et même aujourd’hui retenue comme orientation prioritaire par les autorités chinoises. Je veux ici souligner la responsabilité des entreprises qui doivent veiller à l’impact qu’elles ont sur la société et l’environnement. Elles ont aussi une rôle important à jouer pour le développement des recherches qui permettront de réduire l’empreinte écologique en préservant la qualité de vie.


Cette quête de sobriété et d’efficacité doit intéresser tous les secteurs industriels. Certains domaines pourraient être utilisés comme pilotes. C’est notamment le cas des industries de l’emballage tant nous souffrons de la profusion d’emballages et de suremballages dont la seule « utilité » semble être d’augmenter les volumes de déchets à traiter.

Le développement de l’économie de fonctionnalité - passage de l’idée de possession d’un produit rendant un service, à l’accès au service (sans nécessairement posséder le produit) telle que proposée dans le Pacte écologique, est très prometteur pour réduire les consommations de matière et d’énergie, et la génération de déchets. C’est une piste que l’Etat devra encourager, en mettant à contribution les industries et la grande distribution.

Je propose plusieurs pistes travail pour accélérer le passage vers cette logique de durabilité:

- Rendre progressivement obligatoire l’écoconception pour tous les produits et développer les labels de qualité environnementale et sociale

- Interdire progressivement la production et la commercialisation des appareils électroménagers des classes énergétiques les plus consommatrices (G, F ou E) ;

- Encourager les Régions à développer des parcs industriels sur le modèle de l’écologie industrielle (économie circulaire) ;

- Engager un plan de réduction des déchets à la source associé au recyclage mettant l’accent sur la réduction des emballages

A titre pilote je propose également de mettre en place un groupe de travail avec les industries automobiles pour commercialiser au plus vite des véhicules très basse consommation. L’incitation à la production pourrait être renforcée par l’engagement des administrations et entreprises publiques et des grandes entreprises françaises à remplacer progressivement leurs flottes captives par ces véhicules économes.

2. Energie : Organiser la baisse de la consommation

Je veux avec vous réaffirmer l’objectif de réduire d’un facteur 4 les émissions de gaz à effet de serre à échéance 2050 et pour cela engager une politique énergétique ambitieuse fondée sur les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et la promotion des solutions renouvelables diversifiées et décentralisées. Celle-ci doit s’insérer dans une politique énergétique communautaire qui se met progressivement en place. La dimension européenne est la seule qui nous permette d’aborder sérieusement les enjeux stratégiques liés l’impératif de réduction des émissions de CO2 et à la raréfaction des ressources fossiles.

Sur le thème de la maîtrise de la demande d’énergie, je rejoins votre proposition de lancer un grand programme d’économie d’énergie dans l’habitat et le tertiaire que je veux organiser autour de trois composantes :


- la réhabilitation de l’habitat ancien à l’occasion des transferts de propriété, en associant les institutions bancaires pour faciliter les investissements nécessaires aux économies futures ;


- l’adoption d’objectifs HQE (Haute qualité environnementale) dans la totalité du parc immobilier public (logements sociaux, écoles, hôpitaux …) ;

- la mise en œuvre d’incitations pour soutenir tout effort d’économie d’énergie (aide pour l’isolation des logements), ou à l’efficacité énergétique (subvention des ampoules basse consommation, aide au remplacement du chauffage électrique…)

Je rejoins aussi - partiellement - votre proposition de taxe carbone, en adoptant une TLCC (Taxe de lutte contre les changements climatiques) en complément de la TIPP, pour anticiper l’augmentation forte du prix des carburants à laquelle la société devra inévitablement faire face à long terme. Cette taxe sera aussi étendue au fuel domestique. Cette mesure vise à lisser dans le temps la progression du prix des carburants. Elle enverra un signal fort : l’énergie est un bien rare et cher. Elle est une marque de courage politique et de prise de responsabilité sur le long terme. La progressivité de l’augmentation conditionnera son acceptabilité. Je souhaite que le produit de cette taxe soit affecté à un fonds d’investissement pour les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables décentralisées. Je souhaite aussi que cette hausse du prix des carburants soit compensée par des baisses dans d’autres secteurs pour ne pas entamer le pouvoir d’achat.

En complément de cette taxation des carburants je veux proposer une série de mesures pour décourager les usages de l’énergie qui sont les moins performants ou les plus polluants :

- Taxe à la tonne transportée par route pour décourager le transport de marchandise par camion et basculer le fret vers le rail dans le cadre d’une négociation avec la profession du transport routier pour organiser les transitions nécessaires


- Vignette CO2 annuelle pour les véhicules les plus gourmands ;


- Taxation du kérosène avion en soutenant le projet de Directive européenne initié par le Commissaire à l’Environnement le 19 décembre 2006.

Parce que je suis préoccupée par l’effet des taxes sur les populations les plus démunies, je souhaite proposer à ces personnes des mesures d’aide (soutien pour l’utilisation des transports en commun, aide financière pour le passage du chauffage au fuel au chauffage solaire, bois ou gaz, complément d’APL pour les ménages les plus démunis ayant encore recours au fuel ou au gaz…)

Dans le contexte d’une maîtrise renforcée de la demande d’énergie il nous sera alors possible de modifier, de façon significative, l’offre énergétique française.

Je m’engage à augmenter la part des énergies renouvelables (avec un objectif de 20% de la production primaire d’énergie en 2020), à réduire la dépendance aux énergies d’origine fossile et à ramener la part de l’électricité d’origine nucléaire à 50% d’ici 2017.

Pour stimuler le développement des solutions renouvelables et décentralisées, dont le potentiel est tout à fait considérable, je veux promouvoir un plan de développement national s’appuyant sur une Communauté Européenne des Energies Renouvelables (organisée sur le modèle de la CECA) pour stimuler les investissements.


Ce plan combinera différentes mesures :

- Maintien des tarifs de rachat garantis pour l’électricité produite à partir de solutions renouvelables (solaire, éolien, filière bois…) ; Subventions aux chauffe-eau solaires, chauffage bois, planchers solaires ; Détaxation des biocarburants de deuxième génération ;

- Encouragement à la production d’énergie par les agriculteurs (biomasse, biocarburant, fermes éoliennes …) ;


- Incitations par diminution des charges salariales et soutien aux investissements pour les entreprises s’engageant dans la fourniture d’équipements et de services liés aux énergies renouvelables ;


3. Agriculture


Je partage le constat général proposé par le Pacte. L’idée de réaffecter certains soutiens pour subventionner la restauration collective qui en contrepartie s’engagerait à s’approvisionner sur des circuits courts et auprès de producteurs bio mérite d’être explorée plus en détail.


Je veux associer à cette proposition une autre mesure consistant à transférer aux Régions la gestion d’une partie des aides directes à l’agriculture pour favoriser une approche plus fine de ces soutiens, adaptée aux enjeux écologiques et économiques locaux, encourageant les productions de terroirs et les circuits courts entre producteurs, transformateurs et consommateurs.


Cette réorientation des aides agricoles devra se faire dans le cadre d’une renégociation de la PAC vers le développement rural, l’agriculture de qualité et la restauration de la biodiversité. Je souhaite anticiper cette négociation en profitant du rapport d’étape qui sera produit au cours de l’année 2008, probablement au moment où la France assurera la Présidence de l’Union Européenne.


Je retiens d’autres pistes pour dynamiser une agriculture plus respectueuse de l’environnement. En matière de culture OGM, il est grand temps que nous transposions en droit français la réglementation européenne. Nous devons aller au-delà, à l’instar de nos voisins grecs et autrichiens, en interdisant les OGM en plein champ pour préserver l’agriculture conventionnelle et le développement de l’agriculture biologique.


Je veux aussi développer une filière française de production de protéagineux pour l’alimentation animale pour réduire le recours au soja massivement importé en Europe, entre autre, en provenance d’Amazonie où cette culture spéculative contribue à la déforestation (et donc au changement climatique) et à la paupérisation des petits paysans.

Comme je l’ai déjà évoqué sur le chapitre « énergie » je souhaite aussi stimuler le rôle que peuvent jouer les agriculteurs comme fournisseurs d’énergie (biomasse, biocarburants, biogaz, gestion de fermes éoliennes.) Le renforcement de cette fonction nécessitera des adaptations réglementaires et fiscales du statut d’agriculteur.

Je proposerai d’engager une nouvelle réforme de la loi sur l’eau, la dernière version adoptée en décembre 2006 étant très insuffisante, peu conforme au principe pollueur payeur et persiste à privilégier la dépollution de l'eau et non la prévention des pollutions.

Enfin je souhaite, comme vous le proposez, réorienter les crédits de recherche alloués à l’agriculture pour faire place à la préservation de l’environnement, à la qualité des productions (contrairement à la priorité donnée aux efforts de productivité), et à l’organisation spatiale de la production agricole (et de la distribution jusqu’à la consommation finale.)

4. Territoire : Contenir l’extension périurbaine et re-localiser les activités humaines

Le Pacte écologique présente une série de constats intéressants et un appel pertinent à simplifier le dispositif français de découpage et de zonage qui rend la gestion des territoires peu transparente, très complexe et donc peu prospective.

Je souscris à cette proposition. Il sera essentiel de traiter les questions d’aménagement du territoire en étroite connexion avec les enjeux du changement climatique et les objectif de réduction de notre consommation d’énergie. Cet impératif structurera notre politique d’aménagement du territoire.

Les propositions du Pacte écologique pour lutter contre l’extension urbaine sont intéressantes et je les soutiens. Elles nécessiteront cependant des études complémentaires pour analyser les effets directs et indirects des évolutions fiscales sur le logement, d’une part, et sur la main d’œuvre, d’autre part, proposées pour contrer l’étalement urbain.

Je souhaite, par ailleurs, que la composante « aménagement du territoire » soit placée sous l’autorité du Vice Premier Ministre chargé du développement durable tant la gestion du territoire est structurante d’un modèle d’organisation de la société qui sera à terme plus ou moins économe, donc plus ou moins durable.

5. Transport : Sortir du tout routier

Je partage, là encore, les constats énoncés par le Pacte écologique. Le secteur des transports doit être une priorité de la lutte contre le changement climatique. C’est dans ce secteur que les émissions ont connu, ces dix dernières années, la plus forte augmentation.


Nous aborderons ce secteur sous trois angles : l’industrie automobile, la mobilité des personnes et les transports de marchandises.

Si l’on peut soutenir l’initiative de brider les moteurs les plus puissants, il serait plus intéressant encore de pousser les industries de l’automobile à commercialiser les véhicules très basse consommation qu’elles pourraient aujourd’hui produire.


En matière de mobilité des personnes je veux développer plus encore les transports publics, les efforts et adjoindre à ces efforts un volet social permettant aux personnes plus démunies d’avoir accès aux transports publics à des coûts avantageux.


Je veux aussi, en prolongement du plan Climat réactualisé en 2006, débattre de deux mesures complémentaires :

- la promotion des péages urbains en s’appuyant sur l’expérience réussie de Londres ;

- la négociation pour toutes les entreprises de plus de 50 salariés de plans « covoiturage. »

En matière de transport de marchandise j’instaurerai progressivement une taxe à la tonne transportée par la route (à l’instar du système suisse) et je pousserai l’Europe à adopter une mesure de ce type. Les ressources collectées devront financer le fret ferroviaire.

Enfin, nous oeuvrerons pour intégrer le transport aérien dans le Protocole de Kyoto.

6. Fiscalité : établir le véritable prix des services rendus par la nature

Je suis en accord avec le principe qui consiste à renforcer la fiscalité écologique pour intégrer dans le prix des produits les impacts sur l’environnement. Il est cependant essentiel, d’une part d’augmenter cette part de la fiscalité en restant à «pression constante» pour ne pas décourager les entrepreneurs et ne pas handicaper les couches les moins favorisées. Je soutiens la piste proposée par le Pacte de reprendre les instruments existants pour les mettre en cohérence avec le principe pollueur payeur, et les rendre plus efficaces pour répondre aux enjeux environnementaux. Dans cette démarche nous serons conduits à revoir la construction de la TGAP. Je souhaite aussi, comme je l’ai évoqué sur le chapitre « énergie », harmoniser les différents instruments fiscaux encourageant les économies d’énergie en cohérence avec notre objectif prioritaire de lutte contre le changement climatique.

7. Biodiversité : faire entrer la nature dans l’aménagement du territoire

Je partage votre constat appelant à une action forte pour protéger la biodiversité et je serai attentive aux caractéristiques particulières des DOM TOM en matière de biodiversité.

Il me semble aussi important d’établir un lien plus direct entre la dégradation de la biodiversité dans le monde et les excès dévastateurs de certaines activités humaines (pêche, déforestation, agriculture industrielle…) encouragées par des politiques publiques dont nous avons la responsabilité en France ou en Europe. Au-delà des efforts de protection des milieux fragiles, il est urgent de réviser les politiques de pêche, d’exploitation forestière et de développement agricole en France, en Europe et dans le monde. A elle seule, la protection de territoires spécifiques ne suffira pas sur le long terme, si l’on ne gère pas aussi de manière responsable les ressources naturelles en dehors de ces territoires protégés.

Je propose, pour contribuer à cet objectif, de réformer le code des marchés publics pour imposer comme clause préférentielle la performance environnementale dans tous les marchés publics, en intégrant des critères concernant la provenance des ressources naturelles. Les marchés publics représentent une part significative des échanges et une réglementation plus rigoureuse en la matière aurait un effet structurant.

La création d’un réseau écologique national est intéressante et je soutiens cette initiative. Je veillerai à ce que sa conception réponde à une approche écosystémique et qu’un tel réseau préserve des espaces suffisamment larges pour avoir un effet positif réel sur la biodiversité. A ce titre, je souhaite la création d’une grande aire protégée en Guyane française et je proposerai l’instauration d’un parc marin autour des îles françaises du sud de l’Océan Indien.

Enfin je veillerai à mettre en cohérence nos ambitions en matière de protection de la biodiversité avec les politiques de coopération au développement, notamment en Afrique.

8. Santé : prévenir avant de guérir

Je suis en accord avec les positions avancées sur les OGM et j’ai détaillé les mesures que je propose au chapitre « agriculture. »

Il serait utile, pour la sérénité du débat sur ce sujet difficile et très polarisé, d’insister sur la distinction qui doit être faite entre l’utilisation des biotechnologies en milieu confiné à des fins médicales - dont les efforts de recherche doivent être soutenus - et l’utilisation agronomique en milieu ouvert - qui doit être fortement réglementée au titre du principe de précaution.

Pour ce qui concerne la prévention des maladies liées aux pollutions par des substances chimiques, je partage le constat effectué dans le Pacte écologique et l’appel au renforcement des efforts de recherche pluridisciplinaire pour mieux comprendre les interrelations entre santé et environnement et ainsi guider les politiques publiques. Dès le mois de mars 2007 le règlement européen REACH organisera les contrôles nécessaires sur certaines des substances chimiques les plus dangereuses. Je souhaite encourager, notamment par des incitations fiscales, les industries qui s’engageront à substituer les composés toxiques au-delà des contraintes imposées par ce règlement. Ces entreprises pionnières prendront ainsi un avantage comparatif et démontreront que l’avenir est à la prévention et à la production propre.

Enfin, je souhaite soutenir les initiatives permettant d’améliorer la santé au travail. Je veillerais à encourager la prévention des maladies professionnelles et à accélérer les mesures d’indemnisation, notamment pour les malades de l’amiante.

9. Recherche : sortir l’écologie scientifique de l’isolement

Je soutiens les propositions de mise en cohérence et de développement de la transversalité dans les programmes de recherche telles qu’elles sont proposées par le Pacte. Je veux aussi renforcer l’implication des sciences sociales dans ces travaux. Je suis convaincue en effet que nous devons mieux comprendre les ressorts sociologiques qui permettront aux citoyens d’agir, au-delà de la seule mise à disposition de solutions technologiques. La compréhension de ces mécanismes est essentielle pour préparer l’acceptation de mesures dont nous savons qu’elles seront parfois difficile à négocier.

Je porterai plus particulièrement mon attention sur la réorientation des crédits de recherche dans trois domaines :

- L’agriculture pour faire place aux questions liées à la préservation de l’environnement et à la qualité des productions, contrairement à la priorité donnée aujourd’hui aux efforts de productivité ;

- La biodiversité en soutenant une nouvelle dynamique de recherche et de protection fondée sur « l’approche écosystème » ;

- Les interrelations entre santé et environnement en encourageant les efforts de recherche pluridisciplinaire pour mieux comprendre les enjeux et ainsi guider les politiques publiques.

10. Politique internationale : prendre l’initiative

La France a un rôle important à jouer sur la scène internationale et l’environnement doit devenir une priorité de la diplomatie française. Je souhaite que notre pays continue de promouvoir la création d’une Organisation des Nations Unies de l’Environnement (ONUE). Afin que cette Organisation soit efficace elle devra avoir prééminence sur les décisions de l’OMC, avoir un réel pouvoir de sanction en étant équipée d’un organisme de règlement des différends, être en mesure de soutenir des projets dans les pays en développement.

Mais notre capacité à convaincre sur la scène internationale dépendra avant toute chose de l’exemplarité de notre politique d’excellence environnementale. Je m’engage donc à ce que nous rattrapions le retard français en matière de ratification des conventions et accords internationaux sur l’environnement, et de transcription en droit français des directives et règlements européens. Je m’engage également à ce que notre pays mette en œuvre de manière efficace les accords et conventions que la France a ratifiés.

Fort de cette exemplarité nous pourrons alors promouvoir chaque fois que cela sera possible l’excellence environnementale aux niveaux européen et international.

Vous avez, dans le Pacte écologique, mis en exergue «cinq propositions concrètes pour changer» que je souhaite accompagner des observations suivantes :

Mettre l’environnement au cœur de l’Etat avec un Vice Premier ministre chargé du Développement Durable

En ce qui concerne l’organisation gouvernementale, je soutiens la création d’un poste de vice-Premier Ministre chargé du Développement Durable. Il aura pour rôle de coordonner l’action des différents ministères. J’envisage également de confier à ce vice-ministre la responsabilité de l’aménagement du territoire tant cette mission est structurante pour l’avenir de la société et donc sa durabilité.

L’autorité du vice-Premier Ministre chargé du Développement Durable s’étendra à tous les ministères et à leurs administrations. Il assumera un rôle d’impulsion de nouvelles politiques publiques, de contrôle et de veille stratégique, il évaluera, à l’aune des critères de développement durable, l’action des différents ministères et la mise en œuvre des politiques publiques. Il aura le pouvoir de commander des études d’impact avant la prise de décision définitive pour toute question ayant un impact en matière de durabilité. Il aura également autorité sur les Préfets et bénéficiera de correspondants dans les différentes collectivités locales, qui ont un rôle majeur à jouer dans la redéfinition des politiques de développement durable, notamment par le biais des Agenda 21.

Pour remplir pleinement sa mission, le vice-Premier Ministre chargé du Développement Durable bénéficiera de l’appui du Centre d’Analyse Stratégique, de la Direction Interministérielle à l’Aménagement et à la Compétitivité des Territoires (ex DATAR) et de la Commission Nationale du Développement Durable.

Le vice-Premier Ministre chargé du Développement Durable veillera tout particulièrement à l’exemplarité des pratiques environnementales de l’Etat et des administrations publiques. Cette exemplarité est essentielle à la crédibilité de la démarche d’excellence environnementale que je veux promouvoir.

Le ministère de l’environnement sera bien évidemment maintenu. Son rang dans l’architecture gouvernementale et le détail de son périmètre devront être précisés pour garantir la plus grande cohérence possible avec mon souhait de faire de la lutte contre le changement climatique et la préservation de la biodiversité l’objectif prioritaire de la politique environnemental que je veux défendre.

La création d’un Institut des Hautes Etudes en Développement Durable, accessible au titre de la formation continue aux fonctionnaires d’Etat et territoriaux, et la création d’un corps de catégorie A pour l’environnement, permettront de renforcer l’importance accordée au développement durable dans l’administration. De même, des formations au droit et à l’économie de l’environnement, et au développement durable seront dispensées dans les cursus de formations des fonctionnaires.

Instaurer une taxe carbone en croissance régulière

Une taxe carbone qui s’appliquerait à tous les combustibles fossiles, si j’en ai bien compris la logique, ne me semble pas la meilleure solution dans le contexte énergétique français marqué par une surproduction et une surconsommation d’électricité. Cette taxe risque de favoriser la consommation d’électricité et donne un avantage comparatif indu à la production électronucléaire. Surtout, son caractère indifférencié la rend socialement injuste et difficile à supporter pour les catégories les plus défavorisées de la population auxquelles les responsables politiques doivent garantir l’accès aux énergies et aux technologies propres.

Plutôt que de mettre en exergue la taxe carbone, je propose, puisque c’est l’objectif qui compte, de mettre en place une politique énergétique ambitieuse fondée sur les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et la promotion des solutions renouvelables diversifiées et décentralisées. J’intègrerai la transformation du secteur des transports dans cette politique énergétique. La fiscalité - dissuasive et incitative – sera un instrument de cette politique.

Cependant, je retiens l’idée d’engager un débat une taxe additionnelle sur les carburants et le fuel domestique sur le modèle proposé dans le Pacte écologique pour anticiper l’augmentation forte du prix des carburants à laquelle la société doit se préparer. Je veillerai à ce que cette taxation supplémentaire s’intègre dans un schéma de pression fiscale constante et qu’elle s’accompagne de mesures compensatoire pour les populations les moins favorisées pour ne pas entamer leur pouvoir d’achat.

Enfin je commanderai une étude détaillée, dès le début du quinquennat, pour évaluer les impacts sociaux et les effets sur les émissions de CO2 d’une telle mesure afin d’en préciser les contours et les règles d’application.

Offrir un marché à l’agriculture de qualité


Je soutiens l’idée de réorienter une part des aides agricoles vers la restauration collective. Je lui ajouterai d’autres mesures s’intégrant dans une réforme inévitable de la Politique Agricole Commune et conduisant à une transformation progressive de l’agriculture française. J’entends initier cette négociation au moment de la publication du rapport d’étape sur la PAC en 2008. J’ai présenté les mesures complémentaires dont je veux faire mes priorités en commentant les propositions du Pacte sur l’agriculture.

Soumettre les orientations du développement durable au débat public

Je souscris pleinement et avec enthousiasme à cette mesure. Je m’engage à organiser régulièrement des conférence de citoyens. Mais surtout je m’engage à respecter la qualité des débats et à prendre en compte sérieusement les recommandations qui seront émises. Si la décision reste la prérogative du gouvernement, il est essentiel pour la qualité de la démocratie que les décisions soient clairement commentées. L’excellence environnementale ne pourra se construire que sur un fond de participation démocratique authentique et, pour cette raison, j’associerai les citoyens à l’évaluation des politiques publiques.

Une grande politique nationale d’éducation et de sensibilisation

L’éducation en matière de développement durable est une priorité absolue. Il faut tout à la fois donner aux citoyens les capacités de comprendre les évolutions du monde, les clés pour faire leurs propres choix, et les éléments pour comprendre les décisions. A cet égard, l’Etat se devra d’être exemplaire par la mise à disposition et l’explication des informations environnementales dont il dispose. Il nous faudra pour faire émerger cette politique nationale d’éducation et de sensibilisation à l’écologie et au développement durable faire évoluer notre système d’éducation.

Je proposerai une grande réforme des programmes scolaires pour y intégrer à part entière l’écologie et le développement durable. J’encouragerai le développement de nouvelles filières scientifiques, techniques et sociales pour « professionnaliser » les métiers du développement durable, secteur qui sera fortement créateur d’emploi dans les années à venir. J’encouragerai les dispositifs de formation continue sur le sujet et je renforcerai le soutien aux associations spécialisées dans le domaine de l’éducation à l’environnement.

Parallèlement à l’éducation dans le cadre du service public, je proposerai la mise en place d’une réelle politique d’information et de sensibilisation sur le développement durable afin de mobiliser les citoyens à tous les âges de la vie et dans tous les domaines.

Monsieur Nicolas Hulot, je suis heureuse de signer le Pacte écologique et de vous proposer des pistes sérieuses autant qu’ambitieuses pour mettre en oeuvre la politique d’excellence environnementale qui sera un des axes structurant de la Présidence que j’assumerai, si les Françaises et les Français me donnent leur confiance. Vous avez permis, par votre engagement au service de la protection de l’environnement et le courage de votre démarche obstinée, que ces questions prennent toute leur place dans la campagne.

Au-delà de la réponse qui vous est faite ici je souhaite que nous puissions continuer à travailler ensemble en ajoutant nos compétences, nos espoirs et notre sens des responsabilités. Nous devons rassembler nos forces pour faire face à la crise écologique globale qui pèse sur notre avenir et sur les générations futures.

Je vous prie de recevoir l’expression de mes meilleurs sentiments

Ségolène Royal

mardi 25 août 2009

Les premiers ateliers d'été de "l'espoir à gauche"


Les premiers ateliers d'été de "l'espoir à gauche" se sont tenus dans le parc du Pharo à Marseille, les 21 et 22 Août 2009, c
es ateliers ont été organisé par la fédération socialiste des Bouches du Rhône.

Pendant ces deux jours l'ambiance générale était bonne, fraternelle et joyeuse, mais aussi studieuse, c'est ainsi que nous avons planché sur différents thèmes qui intéresse l'ensemble des français:

  • Quel avenir pour nos retraites: trouver les voies d'une réforme juste?
  • Passer un nouveau pacte entre la république et l'école.
  • Espace public, esprit public: les enjeux de l'information et de la communication.
  • La crise de la social-démocratie: vers un nouveau progressisme européen?
  • La culture au cœur de la transformation sociale.
  • La défaite du modèle libéral: construire un nouveau modèle de développement.
  • Démocratie, action publique et collectivités locales.
  • Gagner en 2012: de la nécessité des primaires ouvertes.
  • Une nouvelle majorité progressiste pour la France: comment et avec qui?
Ce dernier "Atelier" avec des leaders de la gauche et du centre s'apparentait plutôt à un meeting, c'était le point d'orgue de ces deux journées.
Il a aussi été celui qui a fait le plus fait parler de lui dans les journaux et aussi dans le monde politique, du fait de la qualité des orateurs invités.


François Rebsamen, a ouvert les débats en présentant chacun d'entre eux, puis ils ont pris la parole dans un ordre prédéfini ; certains d'entre eux n'ont pas hésité à nous interpeller:
  • Christiane Taubira, nous a interpellé sur la nécessité de construire l'alliance aujourd'hui d'une autre manière et elle a insisté sur les différences d'approche politique qu'il y a entre PRG et PS,
  • Robert Hue, nous a parlé de son expérience d'ancien secrétaire général du Parti Communiste, il a aussi commencé le devoir d'inventaire de la gauche productiviste.
  • Daniel Cohn-Bendit, comme d'habitude a joué les donneurs de leçon, notamment en parlant de nos tentations hégémoniques.
  • Marielle de Sarnez, qui était l'invitée la plus controversé de la soirée, a aussi été la plus consensuelle, elle a jeté les premières ébauches de ce qu'il y a en commun entre la gauche et le modem, en taisant volontairement les inévitables désaccords.
C'est Vincent Peillon qui a clôturé cette manifestation, cependant vu l'heure tardive et la nécessité pour beaucoup des participants et orateurs de ne pas rater les trains, il y avait moins de monde dans cet auditorium pour l'écouter.



Cette initiative idéologique majeure et audacieuse montre la cohérence de notre projet politique.

La présence des membres de Désirs d'Avenir dans ces travaux était forte, l'assiduité des militants pendant ces deux journées, c'est aussi cela qui a fait le succès de ces ateliers.


lundi 6 juillet 2009

Ce soir, vous êtes invité


Ce soir Au Théatre DEJAZET


Actualités


Université populaire participative

Les pesticides : quel impact
pour notre alimentation et notre santé

Ce lundi 6 juillet de 20h30 à 23h00 au Théâtre Dejazet
41, boulevard du Temple - 75003 Paris


Venez Nombreux

dimanche 28 juin 2009

Julien Dray, l’autre affaire

Article 10, de la déclaration universelle des Droits de l’Homme

Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.

Voici la position de Jean-Pierre Mignard (secrétaire Général de Désirs d'Avenir) sur l'affaire Dray, ce texte d'un éminent juriste est à méditer.

Source: Mediapart.fr

Le député socialiste Julien Dray a été entendu durant trois jours par la brigade financière dans le cadre d'une enquête préliminaire sur des mouvements d'argent sur ses comptes bancaires.

Cette affaire dure depuis plus de six mois. «Où est le juge?», demande l'avocat et responsable du parti socialiste Jean-Pierre Mignard, dénonçant «un supplice chinois procédural».



Il y a quelque chose qui ne va plus dans notre société. Ce quelque chose s’appelle la lucidité. Qu’on l’intitule esprit public ou conscience politique elle vient à manquer lorsque une affaire judiciaire passe inaperçue ou lorsque tout simplement on n’y distingue pas ce qui mérite d’être vu. Car les affaires de justice, selon leur droiture ou leur circonvolutions, sont d’excellents révélateurs de ce qui s’abîme dans une société, y compris et d’abord le niveau d’immunité à l’arbitraire.

Ce que l’on fait au député Julien Dray est inacceptable. Je ne suis pas son avocat et je ne connais rien à son dossier. Le désordre qu’il met dans la conduite de ses affaires privées est légendaire et cela ne suffit certainement pas à en faire un malhonnête homme. En d’autres termes je n’en sais rien et je ne suis pas juge.

Mais précisément ou sont ses juges ? Ou est le juge ? Car on ne voit que des procureurs, des policiers et des enquêteurs financiers, tous parlant mezzo voce par voie de presse. Et de juge, point.

Je n’entends que des gens qui jugent et dont le métier est pourtant tout sauf de juger. Les services de recherche de la délinquance financière, Tracfin, publient des rapports immédiatement reproduits par la presse. C’est stupéfiant lorsque l’on connaît la discrétion de ses agents. La police investigue, perquisitionne, multiplie les gardes à vue. La procédure est un panier percé dont on sait tout ou du moins ce que l’on veut bien nous en dire. La parole de Dray est submergée puisque, par définition, il ne peut que réagir aux morsures.

On invente un supplice chinois procédural. Julien Dray est parlementaire et il bénéficie d’un régime spécial de garde à vue. Il est interrogé pour la troisième fois dans les locaux de la brigade financière. Si son avocat veut connaître son dossier il doit se fier aux quotidiens ou aux sites. Ce qui est humiliant pour le barreau, futur pénitent des couloirs du parquet. Pendant ce temps là un lynchage en forme de nœud coulant est passé autour du cou de Julien Dray.

On me dira qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Mais le feu, c’est au juge de le découvrir, et le cas échéant de l’éteindre, et pas à une procédure inquisitoriale, exclusivement à charge, de dresser un rideau de fumée entre la rumeur et la vérité. La presse a certes fait son devoir de rapporter ce qu’on lui apprenait mais elle a manqué de sagacité en ne s’interrogeant pas sur cette invraisemblable procédure. Elle a manqué de vigilance sur l’enrôlement subtil dont elle devenait l’otage. Elle a été envoûtée par la générosité bien orientée de ses sources. Demain elle risque elle aussi de découvrir à ses dépens l’étrange usage qu’il sera fait de la loi sur la protection de la confidentialité des sources. Car voyez vous toutes les sources n’auront pas l’heur de plaire.

Ceci est inconcevable dans une société de droit sauf à imaginer qu’il s’agisse d’un stress test de nos anticorps à l’arbitraire. L’affaire Dray est d’abord un laboratoire d’essai. M. Léger a remis un rapport récent préconisant la suppression du juge d’instruction et la remise de l’enquête au seul parquet, au procureur, subordonné au ministre, bref au gouvernement. Voilà donc notre première épreuve d’effort.

Il n’y aurait rien d’absurde à confier l’enquête au procureur s’il était indépendant avec un juge garant de l’impartialité de l’enquête. Mais dans l’affaire Dray, pardonnez moi c’est la totale, nous avons un procureur courroie de transmission du ministre et pas de juge du tout. C’est formidable le progrès.

Les internautes doivent savoir que la Cour européenne des droits de l’homme a livré une appréciation sévère de l’organisation du parquet français qui ne serait ni vraiment indépendant ni complètement impartial, et certainement pas une autorité judiciaire, en raison de la subordination hiérarchique de ses membres à l’exécutif. Julien Dray est donc entre les mains du pouvoir politique. J’exagère ? Allons donc, ce dossier ne serait il pas signalé comme on dit dans le jargon des cabinets de la Chancellerie ? Et la Chancellerie, chacun le sait, comme les trois petits singes ne voit rien, ne dit rien n’entend rien. Elle chuchote.

L’affaire Dray si elle se poursuit ainsi jusqu’à son terme sera la défaite de la justice, du procès équitable, le rétablissement de la chambre ardente en procédure, même sans tentures de noir ou flambeaux pour éclairer la salle. Il s’agit du banc d’essai de la justice de demain ou le Parquet, c'est-à-dire le Ministre, nous le répéterons ad nauseam, gouvernera les investigations. Pour un des pays inventeurs des droits de l’homme il s’agit, reconnaissons-le, d’une sacrée trouvaille. René Cassin se voit offrir là son deuxième tombeau.

Tous sont concernés : parlementaires et conducteurs de véhicule, banquiers et hébergeurs de sans papiers, chefs d’entreprise et syndicalistes, jeunes des cités et clubistes mondains, agriculteurs et arracheurs de mais, militants UMP et PS, NPA, Verts et centristes, Front de gauche et MPF et j’en passe. Il s’agit d’un droit de l’homme, un droit de tous, un droit pour tous. Le droit à un juge indépendant et impartial. Julien Dray à droit à un juge indépendant et impartial, il a droit à une enquête ou ses droits seront reconnus.

Un nouveau ministre de la justice, Mme Alliot Marie, vient de s’installer Place Vendôme. Elle est gaulliste, ce qui en ces temps tend à nous rassurer. Gaulliste, donc républicaine. Il lui revient de mettre un terme à ces errements. Et à nous tous, de gauche ou de droite, peu importe, d’être fidèles à nos principes fondateurs lorsqu’ils affrontent la bourrasque. Nos fidélités, disait Péguy, sont des fidélités dans la bourrasque. C’est le moment.

Jean-Pierre Mignard

Avocat à la Cour d'Appel de Paris

Docteur en droit pénal

vendredi 26 juin 2009

Université populaire sur les pesticides et la santé



La prochaine Université populaire participative aura lieu :

le lundi 6 juillet de 20h30 à 22h30
au Théâtre Dejazet
41, boulevard du Temple - 75006 Paris

Les pesticides : quel impact pour notre alimentation et notre santé.

La projection du documentaire:
Nos enfants nous accuseront de Jean-Paul Jaud sera suivie d'un débat avec des spécialistes du sujet.

Biographie Jean-Paul Jaud:

Pionnier de la télévision moderne, il a participé à l'aventure de la création de Canal+. Depuis deux ans, il se consacre à l'écriture cinématographique.

Après s'être voué au sport, Jean-Paul Jaud porte son attention vers l'écologie.

Homme de télévision avant tout, il commence par réaliser Le Noël des bergers et Les quatre saisons du berger pour la télévision, en 1992.

Suivent Quatre saisons entre Marennes et Oléron (1997), Football : du rêve à la réalité (1998), Quatre saisons pour un festin (1999), Les quatres saisons d'Yquem (2001). Sorti le 5 novembre dernier, 'Nos enfants nous accuseront' connaît un succès retentissant. Sans peur d'affronter une réalité dramatique, Jean-Paul Jaud s'attaque aux dangers de l'agriculture chimique.

http://www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/


Biographie Dominique Belpomme:

Dominique Belpomme est professeur de cancérologie au Centre Hospitalier Universitaire Necker-Enfants malades.

Président de l’ARTAC, Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse, qu’il a fondé en 1984, il est internationalement connu pour ses travaux de recherche. Il a notamment beaucoup étudié les impacts de notre environnement sur l'apparition des cancers.

Initiateur de l’Appel de Paris (2004) – déclaration internationale sur les dangers de la pollution chimique – et coordonateur du Mémorandum de l’Appel de Paris (2006) – qui détaille les solutions techniques pour lutter contre les effets toxiques des polluants, le Pr. Belpomme s’est fait connaître auprès du grand public pour ses prises de position fortes en faveur de la préservation de l’environnement et de la santé.

Etant l’un des rares experts en santé environnementale auprès de différentes instances européennes, il a été désigné pour représenter la communauté scientifique, en janvier 2005 à Bruxelles, lors de la séance inaugurale du Parlement européen destinée à présenter aux parlementaires le projet de règlement REACH.

On doit aussi à Dominique Belpomme la formulation du concept de santé durable, image en miroir du concept de développement durable et le concept de prévention environnementale qui lui est associé.

Ces deux concepts ont été formulés et explicités dans le Mémorandum de l’Appel de Paris ainsi que dans plusieurs articles et livres grand public.

Venez nombreux pour réfléchir à ce sujet fondamental pour notre avenir.

vendredi 12 juin 2009

Université populaire participative sur la crise



Vous êtes cordialement invité à participer à cette session de l'Université populaire participative sur "Quel nouveau modèle de développement pour l'après-crise" , sous la présidence de Philippe Aghion :


le lundi 15 juin
de 18h30 à 21h30
à la Mairie du 4è arrondissement de Paris


Interviendront :
  • Philippe Aghion: Né en 1956. Ancien élève de l'École normale supérieure, docteur d'économie à Harvard, Philippe Aghion a enseigné au Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Oxford, et est aujourd'hui professeur d'économie à Harvard et à l'École d'Économie de Paris. Spécialisé en macroéconomie, Philippe Aghion a notamment travaillé sur les concepts d'innovation et de croissance. Il est membre du Conseil d'Analyse Economique.
  • Jacques Attali: Né en 1943. Major de promotion de l'école Polytechnique, docteur d'État en sciences économiques, ingénieur de l'École des mines de Paris, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'École nationale d'administration. A partir de 1981, Jacques Attali est conseiller du président de la République François Mitterrand. En 1990, il devient le premier président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). En 1998, il fonde PlaNet Finance à Paris, une association à but non lucratif spécialisée sur la microfinance, qu'il préside encore actuellement.
  • Edouard Martin: Délégué CFDT au comité européen du groupe ArcelorMittal, il a défendu dans le cadre des négociations avec le patronat du groupe MITTAL les intérêts des salariés de l'usine de Gandrange.
  • Jean-Paul Fitoussi: Né en 1942. Professeur des Universités à l'Institut d'études politiques de Paris, JP Fitoussi est président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) depuis 1989, et Président du Conseil Scientifique de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris. JP Fitoussi est membre du Conseil d'analyse économique. Ses principales contributions ont porté sur les théories de l'inflation, du chômage, des économies ouvertes, et sur le rôle des politiques macroéconomiques. Il est coordonnateur de la Commission sur la Mesure de la Performance Économique et du Progrès Social créée en 2008 et présidée par l'économiste et prix nobel américain.
  • Yann Algan: Né en 1974. Docteur et agrégé en économie, Y. Algan est professeur d'économie à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris et chercheur associé au Centre de Recherche en Economie de Sciences-Po. Spécialisé en macroéconomie, Y. Algan travaille notamment sur les problématiques de l'emploi, des inégalités sociales et de la confiance comme condition de réalisation de réformes justes et efficaces.
  • Gontran Lejeune: Président du Centre des jeunes dirigeants
  • Jacques Barbier: Grand prix de l'Académie des Sciences, Officier dans l'ordre des Palmes Académiques, Président du Réseau Éco-Industries de Poitou-Charentes, Professeur Émérite de l'Université de Poitiers, spécialistes des questions d'électrochimie et de catalyse, Jacques Barbier est depuis 1999 Directeur Général de la société Valagro. Il a fortement contribué à redresser cette entreprise qui est aujourd'hui à la pointe dans les domaines de l'agro-industrie, de l'oléochimie, et des agromatériaux.
Programme de la soirée :
  • Ouverture par Ségolène Royal
  • Interventions de Philippe Aghion, Jacques Attali, Jean-Paul Fitoussi, Edouard Martin et Yann Algan
  • Animation : Aurélie Filippetti
  • Synthèse : Guillaume Garot
  • Conclusion : François Rebsamen
Soyez nombreux à nous rejoindre pour cette université qui s'annonce aussi passionnante que la précédente réunion parisienne dont le sujet était sur "L'avenir commun de l'Afrique et de l'Europe", de plus, il faut savoir qu'il n’est pas nécessaire d’être adhérent à Désirs d'Avenir pour assister et participer, car Désirs d'Avenir est une association largement ouverte à tous et toutes.